Τρίτη 9 Αυγούστου 2011

Les agences de notation sont le symptôme d'un mal profond

Comment se fait-il que certains initiés aient été avertis dès vendredi en début d'après-midi et à travers Twitter que l'agence Standard & Poor's abaisserait la notation des Etats-Unis ?

Et comment interpréter la chute violente des bourses tout au long de la semaine dernière autrement que par le biais de messages électroniques reçus en début de semaine par certains grands fonds spéculatifs ayant bien profité de cette opportunité de vendre agressivement à découvert parce que avertis à l'avance de cette décision ? De fait, les rumeurs vont bon train sur Internet quant à la décision de S&P de dépouiller les Etats-Unis de leur "AAA". Tout comme la dérision et l'ironie vis-à-vis d'un institut qui avait complètement loupé la bulle immobilière en 2007…

Quelle différence pourtant avec ces mêmes maisons tout à la fois compétentes et circonspectes du début des années 1990, précisément parce qu'elles se cantonnaient au business très spécifique de la notation des obligations émises par les entreprises. Cet univers feutré des agences de notation – qui, à l'époque, analysaient et pesaient scrupuleusement toutes les données avant de dégrader – ne tranche-t-il pas avec leur activisme insupportable d'aujourd'hui et ce alors même (et d'autant plus) que leurs critères pour juger de la notation des dettes souveraines sont pour le moins vagues et sans substance ? Comment s'en étonner du reste puisque leur mission originelle ne fut pas de noter la solvabilité des nations et comment diantre le pourraient-elles avec seulement 100 analystes (chez S&P par exemple) responsables d'étudier et de décortiquer les comptes de 136 pays… ?

Belle réussite à la vérité pour des agences passées complètement à côté du montage abracadabrantesque des subprimes qui ne se privent pas aujourd'hui de faire étalage de leur pouvoir en décernant mauvais points et doctes avertissements non seulement à de pauvres petites nations comme la Grèce mais à des géants comme les Etats-Unis d'Amérique. Pourtant, il semblerait bien qu'elles cherchent aujourd'hui à masquer leur incompétence et leur inexpérience à noter les dettes souveraines derrière des jugements politiques ne faisant vraiment pas partie de leurs mandat ou attributions.

Relisons à cet effet le communiqué de presse de S&P rendu public samedi 6 août et imputant cette perte du "AAA" à des "institutions politiques" américaines ayant "faibli" dans leur détermination à lutter contre les problèmes budgétaires. Autrement, le vénérable institut S&P ne craindrait pas tant la capacité du pays à rembourser ses dettes, il ne mettrait pas tant en cause la solvabilité des Etats-Unis que leur "volonté" de s'atteler à remédier aux déficits… !

Ce faisant, S&P couvre ses arrières car sa crédibilité serait totalement perdue si, ayant maintenu intacte la notation AAA, les ennuis américains devaient s'accentuer tandis que cette dégradation aurait fait l'effet d'un "choc salutaire" si les finances du pays venaient à se redresser… Ainsi, les agences de notation jouent-elles comme "sur du velours" – gagnantes à tous les coups- et sans devoir endosser une quelconque responsabilité par rapport au couperet de la baisse de notation d'une dette souveraine. Sans négliger bien-sûr leurs diagnostics à forte coloration politique dont s'emparent les adversaires de l'administration démocrate en place puisque le probable candidat à l'investiture républicaine Mitt Romney saisit la balle au bond et assimile la perte du AAA de son pays à la "dégradation de la présidence Obama"…

Comment en est-on arrivé là ? Ces tous puissants instituts qui s'invitent – voire qui infléchissent – les débats politiques, ces agences dont les avis font autorité auprès des Etats et des gouvernements et non les moindres, ne sont en réalité que le symptôme d'un mal bien plus profond : le remplacement de l'Etat-nation par l'hégémonie du marché ! Partant en effet du principe que seuls la création de richesses et les profits sont dignes d'intérêt, la philosophie de l'homme prévalant en ce début de XXIe siècle sacralise tout ce qui est susceptible – comme les agences de notation – d'appréhender les marchés tout en bridant le pouvoir étatique. Les gouvernements se doivent donc d'être réduits à leur portion congrue, sauf bien-sûr lorsqu'ils sont appelés à la rescousse pour sauver les établissements financiers…

Pourtant, après quatre ans de crise financière et de marasme économique intenses, il devient vital de changer de paradigme. Le retour à la référence "Etat" redevient de salut public.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/09/les-agences-de-notation-sont-le-symptome-d-un-mal-profond_1557452_3232.html

La stratégie chinoise du yuan ruine les finances en Occident

Mi-2007 éclatait la crise des pays occidentaux. Mi-2009, ceux-ci sortaient de leur récession mais ne se débarrassaient pas pour autant de la crise qui restait la leur. Mi-2011, leur situation vient même de rebondir sous forme d'une crise conjointe de leurs finances publiques qui menace maintenant de les faire rechuter en récession...

En face, la Chine manifeste une santé insolente : trente-troisième année d'affilée sans récession, une croissance du produit intérieur brut (PIB) à 10 % l'an depuis vingt ans, un chômage qui ne cesse de reculer, des réserves de change, qui, tout compté, dépassaient déjà 4 500 milliards de dollars (3 165 milliards d'euros) à la fin du mois de juin 2011...

Ce contraste s'explique par l'énorme sous-évaluation du yuan infligée par la Chine à ses partenaires et rivaux. Grâce à un contrôle des changes draconien qui n'est accessible qu'aux Etats totalitaires, la Chine maintient le yuan à 0,15 dollar et à 0,11 euro, quand, selon le Fonds monétaire international (FMI) et l'ONU, il devrait valoir 0,25 dollar et 0,21 euro !

Les pays occidentaux sont restés totalement passifs face au cours du yuan que leur dicte la Chine. Depuis que, en 2001, ils ont admis la Chine à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), armée de son contrôle des changes, ils se sont privés, il est vrai, de la seule arme qui pourrait la faire céder : les représailles douanières.

Il en a résulté à la fois une désindustrialisation majeure des pays occidentaux et une industrialisation intense de la Chine.

La main-d'oeuvre en Chine étant la moins chère au monde, les entreprises qui y sont basées s'emparent de parts croissantes du marché mondial tandis que les multinationales occidentales viennent concentrer leurs investissements productifs sur le territoire chinois. Ce qui renforcera encore les parts du marché mondial captées par la Chine...

Dans les pays occidentaux, le processus de croissance s'est enrayé. Leur commerce extérieur est devenu fortement déficitaire et le montant de l'investissement des entreprises sur leurs territoires ralentit fortement. De ce fait, depuis 2001, les économies occidentales sont exposées à subir une récession prolongée (parce que structurelle et due au yuan).

A deux reprises pourtant, en 2002 puis en 2008, les mêmes dirigeants occidentaux qui restaient passifs sur le yuan ont prétendu découvrir une parade qui leur permettrait de maintenir une croissance honorable et durable. Ces parades successives étaient en réalité des artifices qui leur ont explosé à la figure.

Entre 2002 et 2006, l'apprenti sorcier Alan Greenspan, alors président de la Réserve fédérame (Fed), opta pour une politique prolongée de taux bas pour décourager les ménages de l'épargne et les inciter à l'achat de logement à crédit.

Expédient désastreux ! Pendant quatre ans, le PIB et l'emploi dans les pays occidentaux furent certes tirés par un secteur immobilier devenu euphorique. Mais, après ce succès limité et momentané, l'euphorie induisit des excès qui aboutirent, comme on le sait, à un redoutable effet boomerang. A compter de mi-2007 éclatent, aux Etats-Unis et en Europe, une triple crise immobilière, bancaire et boursière, une récession et une explosion du chômage qui s'avérèrent d'une ampleur historique. Au total, des dégâts très supérieurs à l'avantage initial... Un premier fiasco absolu.

Fin 2008, après avoir rétabli la confiance par quelques mesures exceptionnelles dans le secteur bancaire, les dirigeants occidentaux renoncèrent une nouvelle fois à extraire de la Chine la forte réévaluation du yuan, ce qui était pourtant la seule vraie solution pour redresser durablement leur commerce extérieur, leur PIB et leur emploi.

D'autres apprentis sorciers surgirent, proposant une nouvelle parade. Après la première réunion du G20 de novembre 2008, Timothy Geithner, secrétaire américain au Trésor, et Ben Bernanke, le président de la Fed, optèrent pour une politique de relance budgétaire massive (déficit aux Etats-Unis autour de 10 % du PIB en 2009, 2010 et 2011) assortie de taux courts et de taux longs maintenus très bas.

Les autres pays occidentaux se livrèrent eux aussi à une relance massive, en 2009, qu'ils ne modérèrent que très peu en 2010 et en 2011.

Le succès fut de courte durée. Cette relance sortit certes les pays occidentaux de leur récession franche à compter de l'été 2009. Mais, dès l'été 2010, il s'avéra que cette relance n'induisait qu'une reprise trop molle pour que la croissance s'auto-entretienne.

Désormais, il est vrai, la croissance n'était plus seulement pénalisée par le commerce extérieur et l'investissement des entreprises mais aussi par l'investissement immobilier et par une hausse inopportune de l'épargne des ménages due à un chômage durablement élevé.

Mais il y a pire. Cette relance budgétaire longtemps trop forte a fini par enclencher une crise des finances publiques occidentales. L'étincelle qui mit le feu a surgi en Grèce après les élections d'octobre 2009. Mais le Portugal et l'Irlande, l'Espagne et l'Italie, la Belgique, l'Autriche, la France et par ailleurs le Japon, le Royaume-Uni et les Etats-Unis partagent tous en réalité avec la Grèce une même configuration : une dynamique très inquiétante de leurs finances publiques et une croissance très modeste de leur PIB.

Cette configuration a fait déraper leurs ratios dette publique/PIB. Ceux-ci approchent les seuils qui inquiètent les agences de notation quant à la remboursabilité de la dette publique. Les investisseurs se portent vendeurs des obligations d'Etat. Cela fait baisser leurs cours et monter leurs rendements.

Une crise de confiance dans les signatures souveraines occidentales vient de s'enclencher. Une fois encore, l'effet boomerang final s'avère très supérieur à l'avantage initial. Un deuxième fiasco absolu.

Le moment est venu de tirer le bilan. La Chine capitalise la stratégie qu'elle a amorcée en 1989, et elle se réjouit de nous avoir déstabilisés sur tous les plans : commercial, économique, social, financier, monétaire, technologique, militaire, diplomatique... Notre capitulation face à elle aboutit maintenant à notre déstabilisation.

Les politiques compensatoires successives ont échoué lamentablement et ont en réalité accentué gravement notre déstabilisation. Preuve est ainsi faite que le pacifisme monétaire face à la Chine est une impasse totale.

Pour que la crise de 2007 ne devienne pas une nouvelle crise de 1929, il faut maintenant renverser le jeu. Il faut se mobiliser pour faire céder la Chine sur sa politique du yuan. Il suffit pour cela de préparer sérieusement et collectivement des représailles douanières à son encontre.

Faute d'une telle initiative, les pays occidentaux s'enfermeront rapidement dans une spirale de déclin économique et financier qui les amènera à se retrouver chacun durablement asservi à la Chine et au Parti communiste qui la dirige depuis 1949.

par Antoine Brunet, président de AB Marchés


http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/08/la-strategie-chinoise-du-yuan-ruine-les-finances-en-occident_1557315_3232.html

Ισραήλ: Έτοιμος να επανεξετάσει την προσέγγισή του στην οικονομία ο Νετανιάχου

Ο πρωθυπουργός του Ισραήλ Μπενιαμίν Νετανιάχου δήλωσε έτοιμος να επανεξετάσει την προσέγγισή του στην οικονομία για να ανταποκριθεί στις απαιτήσεις ενός αυξανόμενου κινήματος κοινωνικής δυσαρέσκειας, γράφει σήμερα η εφημερίδα Χααρέτζ.

«Κατανοώ ότι επιβάλλεται μια αλλαγή στην τακτική μου», δήλωσε σήμερα ο Νετανιάχου στον καθηγητή Μάνιουελ Τράτζενμπεργκ, έναν οικονομολόγο που διευθύνει ένα πάνελ εμπειρογνωμόνων αρμόδιο να εξετάσει μεταρρυθμίσεις με τους κοινωνικούς εταίρους και να παρουσιάσει προτάσεις προς την κατεύθυνση αυτή στην κυβέρνηση για έγκριση.

Ο Ισραηλινός πρωθυπουργός είναι ένθερμος υποστηρικτής των ιδιωτικοποιήσεων και του νεοφιλελευθερισμού και επαίρεται για τις αξιοζήλευτες επιδόσεις της ισραηλινής οικονομίας που επιτεύχθηκαν χάρη στις μεθόδους του.

Σύμφωνα με την Χααρέτζ, έτσι απάντησε ο Νετανιάχου στον καθηγητή Τράτζενμπεργκ ο οποίος τον προειδοποίησε ότι «θα πρέπει να αλλάξει τη σειρά των εθνικών προτεραιοτήτων ώστε να μειωθεί το βάρος για το λαό» .

Ο Τράτζενμπεργκ είπε επίσης στον πρωθυπουργό ότι «τροποποιήσεις του δημοσιονομικού συστήματος μπορεί να αποδεσμεύσουν ορισμένους πόρους αλλά όχι δισεκατομμύρια» σέκελ.

«Θα σας δώσω τα μέσα να υλοποιήσετε την αλλαγή αυτή», απάντησε ο Νετανιάχου στο συνομιλητή του, ενώ οι δύο συμφώνησαν ότι θα πρέπει ωστόσο να διατηρηθεί το πλαίσιο του κρατικού προϋπολογισμού, που καταρτίστηκε για τις χρήσεις δύο οικονομικών ετών στο Ισραήλ, σύμφωνα με την Χααρέτζ.

Η ομάδα υπό τον καθηγητή Τράτζενμπεργκ συγκροτείται από 14 μόνιμα μέλη, εκ των οποίων πέντε πανεπιστημιακοί του ιδιωτικού τομέα.

Ο Νετανιάχου ανακοίνωσε την Κυριακή τη σύσταση της ομάδας αυτής διευκρινίζοντας ότι οι εμπειρογνώμονες θα πρέπει να «ακούσουν όλο τον κόσμο για να προτείνουν λύσεις, ακόμη κι αν δεν είναι δυνατόν να ικανοποιηθούν όλα τα αιτήματα» .

Με αυτό τον τρόπο απάντησε στο ξέσπασμα πριν από τουλάχιστον τρεις εβδομάδες ενός κινήματος κοινωνικής δυσαρέσκειας που κλιμακώθηκε το Σάββατο όταν τουλάχιστον 300.000 διαδηλωτές ξεχύθηκαν στους δρόμους του Τελ-Αβίβ και άλλων πόλεων ζητώντας «κοινωνική δικαιοσύνη» .

www.kathimerini.grμε πληροφορίες από ΑΠΕ-ΜΠΕ